Il faut remonter à l'époque où la Mer de Champlain occupait la région puisque la répartition et la diversité de notre production y trouve son origine. La mer a remanié les différents dépôts de particules fines et de matériaux plus grossiers laissés en place lors de la fonte du glacier.

Les argiles, déposés jadis en eau profonde, occupent les terrains les plus plats alors que les sables et les graviers se rencontrent sous la forme de coteaux allongés. On retrouve ces caractéristiques essentiellement au nord et à l'est du territoire.(secteur 1 sur le schéma)

Issus de végétaux, les sols organiques contiennent du carbone et de la matière organique mais très peu de minéraux. Leur mise en valeur implique donc une grande fertilisation en engrais minéraux. (secteur III sur le schéma)

On ajoute généralement à chaque culture les éléments majeurs et dans un sol minéral, les éléments mineurs sont présents. Ce qui n'est pas le cas pour nos sols organiques, il faut donc introduire les éléments mineurs. (secteur III) Ces sols sont comme des éponges, après les avoir fertilisés quelques années, ils auront une réserve suffisante en éléments mineurs.

Les sols minéraux (secteur I) se prêtent très bien à la culture pratiquée à grande échelle telle que la culture de maïs, de fourrage, de céréales, de pommes de terre, de pois et de fèves. Du côté ouest du secteur I, les sols sont plus légers, moins argileux, et offrent de très bonnes conditions pour la culture de légumes.

Dans le secteur II (Hemmingford), le milieu est très rocheux et se compose d'affleurements de la
roche-mère et de dépressions au sein desquelles la Mer de Cliquez pour agrandir la photo Champlain a laissé des blocs et des pierres plus ou moins grosses.

Le secteur III se caractérise par la présence de bassins de sols organiques issus de la décomposition de plantes aquatiques et autres végétaux qui ont comblé les nombreux lacs et marais laissés par le retrait de la Mer de Champlain. Ces sols, que l'on appelle aussi «terres noires», offrent un milieu exceptionnel pour certains légumes qui y poussent très bien et très facilement.

La culture s'y pratique à grande échelle, les fermes sont spécialisées dans une ou quelques variétés de légumes et leur production est essentiellement destinée aux supermarchés du Québec, des Maritimes, de l'Ontario et des États-Unis.

En vous référant au schéma figurant dans la description géologique du territoire, vous êtes dans le secteur III, c'est-à-dire en présence de sols organiques (terres noires) couvrant en grande partie le territoire de la municipalité de Sainte-Clotilde, la prochaine municipalité que vous visiterez.

Il faut noter l'incontournable problème de conservation de ces sols particuliers que sont les terres noires auquel sont confrontés les producteurs maraîchers de la région. L'activité de dégradation bactériologique se poursuit, le sol s'oxyde, il s'érode (par le ruissellement, la fonte des neiges et le vent) et il se compacte sous le poids de la machinerie.

Ce secteur perd de 1 à 2 cm de sols organiques par année au niveau de l'épaisseur du dépôt. Si l'érosion des sols se poursuit au même rythme, dans une cinquantaine d'années, la moitié des sols organiques cultivés auront disparu. Or, ces sols présentent non seulement une richesse inestimable mais ils sont aussi une ressource non renouvelable qu'il faut préserver. Pour produire 1m3 de terre noire, il faut 500 ans.