Ce n'est pas par hasard si au début de la colonisation française en Amérique du Nord, les défricheurs optèrent pour la plaine du Saint-Laurent comme lieu de peuplement.  En effet, cette région bénéficie du climat le plus propice à une excellente culture et on y trouve la meilleure terre arable du Québec, les fameuses terres noires!

La colonisation française se caractérisait par un mode de développement bien particulier: le régime seigneurial. Le territoire était subdivisé en seigneuries par l'intendant de la colonie et ce, au nom du roi de France.  Le propriétaire terrien à qui était cédée la seigneurie devenait le "seigneur".  Il distribuait des lots à des colons, les "censitaires", qui lui payaient des redevances en nature ou en argent.  Les défricheurs recevaient une terre de dimension moyenne, soit environ 100 arpents. Ce qui explique qu'encore aujourd'hui les agriculteurs parlent tous en arpents.

Jean-Baptiste Leber de Senneville reçoit la Seigneurie de La Salle le 20 avril 1750.  Précisons que la Seigneurie de La Salle est délimitée à l'époque par les Seigneuries de Châteauguay et du Sault-St-Louis sur le côté nord-ouest, la Seigneurie de Beauharnois au sud-ouest, la Seigneurie de la Magdelaine-de-Laprairie au nord-est et le canton de Sherrington sur le flanc sud-est.  À compter de cette date, le peuplement du territoire qui deviendra St-Rémi est amorcé.

Les troubles de 1837-1838

L'histoire des patriotes et de leur révolte en 1837-38 est une page incontournable de l'histoire de la région.  Suite à l'arbitraire de l'Angleterre aux droits de la constitution, la révolte gronde au Québec.

Le 3 novembre 1838, l'insurrection éclate dans les comtés de Laprairie et Napierville. Les frères Chasseurs (armée secrète des Patriotes) se rassemblent au camp de Napierville, centre de ralliement. Deux mille hommes se sont rendus pour constituer le gros de l'armée. Le lendemain, Robert Nelson proclame l'indépendance du Bas-Canada, Montréal riposte en proclamant la loi martiale.

Les patriotes seront battus par les Anglais. La répression est terrible, tout le comté de Laprairie est mis à feu et à sang.  Aucune maison des rebelles n'a été épargnée, douze patriotes furent pendus au Pied-du-Courant à Montréal.  Pierre-Rémi Narbonne qui habita Saint-Rémi était l'un d'eux.